L’eau coûte la vie.

Par Agnès TAILE

Le macabre passage de l’épidémie de choléra dans la partie septentrionale du Cameroun est vraisemblablement une de ces saloperies que voudraient bien oublier aussi bien les autorités que les populations. Ce n’est pas si sûr, car le trousse-galant vient de refaire surface. Où ? A Yaoundé la capitale. La petite bête secoue actuellement le cœur du pays alors que quelques mois auparavant près de 600 personnes ont perdu la vie, faute de mesures immédiates. La région de l’Extrême-Nord Cameroun, à elle seule, a enregistré la majorité : 97% selon l’OMS et peut-être plus pour ceux qui savent que compter tous les morts des suites de choléra n’est pas la chose la plus évidente dans cette région aux zones enclavées. Selon l’Organisation Mondiale de la santé « l’approvisionnement en eau sûre et l’assainissement sont essentiels pour réduire l’impact du Choléra et d’autres maladies à transmission hydrique. » Si creuser un puits de 25 à 35 mètres au Cameroun coûte environ 1 650 000 FCFA (soit environ $3,500), il est évident que de nombreuses personnes ne soient pas en mesure de s’approprier le précieux liquide.

Désespérément les yeux demeurent tournés vers les pouvoirs publics en attendant un miracle ou simplement l’exploit d’une de ces varappes. Aucun pessimisme n’est permis, car sur le site du ministère de l’Energie et de l’Eau, il est bien mentionné que « La Semaine Nationale de l’Eau se prépare en grande pompe au Ministère de l’Energie et de l’Eau, à cet effet le Cameroun se joint à la Communauté Internationale pour célébrer la Journée Mondiale de l’Eau le 22 mars prochain. Plusieurs activités sont retenues cette année, les acteurs du secteur, la société civile, les Organisations Internationales, tous se sont impliqués afin que la Journée Mondiale de l’Eau soit un succès. » Un Succès espéré qui nous met, une fois de plus, de l’eau à la bouche alors que nos gorges restent plus que jamais assoifées d’eau potable.

« L’eau pour les villes : répondre au défi urbain ». C’est le thème retenu cette année alors qu’on s’interroge sur le sort réservé aux zones rurales, plus que jamais nécessiteuses. Selon le ministère camerounais en charge de l’eau, « L’importance de ce thème n’est plus à démontrer, quand on sait que près de 52 % de la population camerounaise vit désormais dans les villes. Le défi à relever par les pouvoirs publics est donc vital. Vital dissent-ils !!! Quel gachis quand on sait que le monde rural nourrit d’une façon ou d’une autre l’existance du monde urbain. Si l’ONU reconnaît que l’accès à l’eau potable est un droit humain, il y a de fortes chance que le Cameroun soit hors -la- loi. En attendant, au fin fond des villages, les populations attendent impatiemment leur Kirikou.

 

 

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