Politiques et jeunes de la partie septentrionale du Cameroun appellent à la stricte application des textes réglementaires en vigueur régissant l’entrée dans la fonction publique.
Par Eric Nguele
L’information est de l’hebdomadaire régional « L’œil du Sahel » dans sa livraison du 28 février 2011. Sous la plume de son directeur de publication, Guibai Gaitama, lui-même ressortissant de cette partie du pays, il révèle les calculs nés de l’adresse du Chef de l’Etat à la jeunesse le 10 février 2011. En effet, l’une des déclarations fortes du traditionnel discours de Paul Biya au « fer de lance de la nation » en référence, le recrutement de 25 000 jeunes dans la fonction publique, anime les débats et les meetings dans les 3 régions septentrionales, plus que jamais soucieuses de l’application de la mesure présidentielle. Depuis l’annonce de la nouvelle, les jeunes du Grand-Nord n’hésitent pas à sortir calculettes et brandir textes juridiques pour apporter du poids à leur prétention d’avoir l’Etat pour employeur. L’article 2 de l’arrêté n°10467 signé du ministre de la Fonction publique le 04 octobre 1982 et réactualisé le 20 août 1992, relatif aux quotas des places réservés aux différentes régions du pays dans les concours administratifs mentionne à ce sujet, les chiffres de 5%, 7% et 18% respectivement pour les régions de l’Adamaoua, du Nord et l’Extrême-nord. Toujours en vigueur, il précise en son article 3 que lorsque le quota d’une région est totalement ou partiellement non pourvu, les places disponibles qui lui étaient affectées sont réparties, si besoin, au prorata, entre les régions à l’intérieur des pools ainsi constitués : pool 1 : Adamaoua, Nord, Extrême-nord ; pool 2 : Centre, Sud, Est ; pool 3 : Littoral et Ouest, pool 4 : Nord-ouest et Sud-ouest. Cette procédure dite de «l’équilibre régional » accorde donc 30% des places aux nordistes dans les différents concours administratifs, ce qui appliqué au cas d’espèce devrait voir près de 7 500 diplômés de cette partie du pays bénéficier du statut d’agent public. Il faut dire que les nordistes s’époumonent à mettre les textes réglementaires sur la table, afin de parer à toute volonté explicite ou tacite de les stigmatiser une fois de plus comme cela fut le cas en 2008. Au cours de l’année sus citée, le ministre de l’enseignement supérieur, le Pr Jacques Fame Ndongo s’était permis d’écarter bon nombre de candidats issus du Grand-nord lors de la publication des résultats du premier concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure de Maroua, un incident politique que le président Paul Biya s’était donné du mal à remédier en prenant la décision unique et exceptionnelle d’admettre tous les candidats du septentrion. La classe politique du Grand-nord militant au sein du parti au pouvoir (Rdpc), qui espère tirer profit de cette mesure présidentielle en cette année électorale, agite également la non-participation du Grand-nord aux émeutes de la faim de février 2008.

