Epidémie : La psychose du cholera s’installe chez les populations

Alors que l’on enregistre plus de 40 nouveaux cas et trois décès, le mois de mai donne des insomnies aussi bien aux populations qu’aux autorités sanitaires.

Par Alexis Kolwe

Nous sommes rendus au mois de mai. De sinistre mémoire, une épidémie des plus meurtrières s’est déclenchée le 06 mai 2010 et a décimé 603 personnes dans lé région de l’Extrême-Nord jusqu’au 03 février 2011. Depuis cette date, plus rien. Et ce jusqu’au 13 avril dernier où de nouveaux cas de choléra ont été déclarés dans le ressort du district de santé de Kousseri dans le département du Logone-et-Chari. Les autorités sanitaires parlaient alors de 35 cas dont deux décès. L’information est du délégué régional de la santé publique de l’Extrême-Nord. Dr Djao Rebecca déclarait alors que « effectivement il y a eu 35 cas dont deux décès dans le district de santé de Kousseri. Il faut quand même signaler que ce sont des cas importés des pays voisins notamment le Nigeria et le Tchad qui sont actuellement en épidémie. Néanmoins, nous prenons toutes les dispositions pour intervenir à temps et accentuer la surveillance épidémiologique ». Les membres du comité régional de lutte contre le choléra ont d’ailleurs tenu une réunion de mobilisation générale  dans les services du gouverneur mercredi 27 avril 2011 afin d’envisager la riposte.

Saison des pluies

Pour rappel, c’est précisément dans le département du Logone-et-Chari que le premier cas de l’épidémie de choléra a été détecté en 2010. L’épidémie avait fait près de 9.000 cas dont 603 décès jusqu’au 4 février 2011. Les premiers cas avaient été recensés à la veille des premières pluies comme c’est le cas en ce moment. L’assurance des autorités sanitaires sur les mesures de riposte ne réduit pas la psychose des populations, essentiellement rurales et qui pensent dans leur plus grande majorité que le choléra est plutôt une maladie mystique. Elles déduisent ainsi par ignorance de ce que certains malades du choléra, malgré leur prise en charge en sont morts. D’où l’inobservance des règles élémentaires d’hygiène dans une région où seulement 15% de la population boivent de l’eau potable -c’est-à-dire branchées au réseau Camwater, la société distributrice de l’eau- et 05% utilisent des latrines. La plupart de ces personnes vivant en dessous du seuil de la pauvreté. L’Extrême-Nord, région la plus peuplée du Cameroun avec ses 3 600 000 habitants est la plus pauvre et la plus sous développée. Bien plus, elle fait face chaque année à de nombreuses catastrophes naturelles tells que les épidémies (cholera, méningite, polio et rougeole), les pachydermes, les criquets et oiseaux granivores ainsi que l’avancée du désert avec toutes ses conséquences.

 

Img: linternaute.com

 

 

 

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