La FIJ dénonce les accusations « non fondées » contre un journaliste au Maroc

RABAT, Maroc, 17 mai 2011/African Press Organization (APO)/

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a dénoncé aujourd’hui le revers infligé à la liberté de la presse au Maroc suite à l’emprisonnement de Rachif Nini, directeur du journal Al–Massae, à cause des articles publiés dans son journal sur la corruption, les services de sécurité et l’abus de pouvoir dans le royaume.

Le journaliste, qui a été arrêté le 28 avril et a subi une série d’interrogatoires avant son inculpation doit comparaitre aujourd’hui devant le Tribunal de première instance de Casablanca où il est poursuivi pour « jeter du discrédit sur une décision de justice, tenter d’influencer la justice et évoquer des faits incriminés non avérés ».

« L’affaire de Nini représente un revers cinglant porté à la liberté de la presse au Maroc », a déploré Jim Boumelha, le président de la FIJ. « Les avancées remarquables enregistrées la presse marocaine ces dernières années grâce aux initiatives de notre syndicat sont compromises par ces récentes tentatives d’intimider et de museler la presse à travers des procès d’intention ».

La FIJ soutien son syndicat marocain, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) qui a lancé un appel aux autorités marocaines en faveur de la libération de Nini ainsi que pour le respect des droits des journalistes par les autorités judiciaires marocaines.

La Fédération s’associe aussi aux efforts déployés par le SNPM et à toutes ses positions pour interpeler le pouvoir sur le risque de la dérive autoritaire que représente la détention des journalistes.

Selon SNPM, les mesures prises à l’encontre du directeur d’Al Massae « n’ont aucun fondement juridique, étant donné que les faits qui lui sont reprochés concernent la publication d’articles de journal et donc relèvent de l’exercice de son droit d’opinion et de la liberté de la presse ». Le SNPM indique également que l’inculpation de Nini est de nature à remettre en question l’engagement du gouvernement à procéder aux changements politiques récemment annoncés par le pouvoir marocain.

«La détention du directeur d’Al Massae constitue un recul et un retour en arrière au moment où la société attend un changement radical dans le domaine du respect des libertés et la réforme du code de la presse », a déclaré Le premier vice- président de la FIJ, Younes Mjahed et président du SNPM. « « A quoi va servir la révision de ce code si le parquet continue à utiliser la code pénal comme dans le cas Nini pour justifier la détention? »

 

SOURCE

International Federation of Journalists (IFJ)

 

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