Un foyer du cholera décelé dans l’Adamaoua

Déjà 11 décès en trois (3) jours dans le district de santé de Pangar, une localité enclavée située dans le département du Djérem et qui souffre de l’inaccessibilité des médicaments appropriés.

Par Salomon KANKILI

Les ravages du choléra à Pangar donnent la chair de poule. En trois jours seulement, l’épidémie meurtrière a causé au total 11 décès parmi lesquels des mineurs de 5 ans. Au moins 26 malades sont sous traitement intensif au centre de district de Pangar. C’est en substance l’exposé du préfet du Djérem hier jeudi 5 mai, au cours de la « réunion d’urgence » que présidait Alim Hayatou, secrétaire d’Etat auprès du ministre de santé publique, dans la salle des conférences de la délégation régionale du tourisme à Ngaoundéré.

Aux dires de Charles Kamga, les 3 premiers cas de choléra sont survenus le 22 avril 2011. Il s’agit de 3 villageois (2 enfants et une femme) qui souffraient de diarrhée. Les infortunés sont décédés 4 heures après leur admission au centre de santé de Pangar. La formation sanitaire quasiment à l’abandon était alors dépourvue de tout médicament. Le chef de centre de santé de Pangar qui n’a pour seul personnel que lui-même a dû faire face à de nombreux autres cas. Avec à la clé de nombreux autres décès.

Impuissant face à la catastrophe, le chef de centre de santé endosse la responsabilité de porter l’alerte au niveau des autorités administratives de Ngaoundal (arrondissement auquel est rattachée Pangar, 50 km). Mal lui en a pris car le village Pangar n’est couvert par aucun réseau téléphonique. Autant le train est l’unique moyen de locomotion pour rallier Ngaoundal. Encore faudrait-il être présent au passage de la couchette. C’est finalement après 2 jours que le « messager de Pangar» est parvenu à rejoindre Ngaoundal.

Branle-bas général

Informé, le sous-préfet dudit arrondissement a mobilisé son état- major. Des prélèvements effectués sur les malades sont acheminés au centre Pasteur de Garoua. Pour sa part le préfet du Djérem a instruit la désinfection et la destruction des effets vestimentaires des malades décédés. Conjointement, le centre de santé de Pangar a reçu une quantité de médicament. Le stock est très vite épuisé du fait de l’augmentation du nombre de malades. Le gouverneur de l’Adamaoua a dépêché à Pangar un autre stock de médicament doublé d’un message de réconfort aux infortunés de sa part. En retour, les populations sinistrées de Pangar lui ont servi une batterie de doléances : le désenclavement de la localité par la construction d’une route (ou plusieurs) ; l’accès au réseau téléphonique, l’aménagement des points d’accès à l’eau potable, l’approvisionnement régulier du centre de santé de Pangar en médicaments et personnel de santé, etc.

Deux (2) cas de choléra avaient déjà été enregistrés au mois de mars 2011 à Ngaoundal. Il ya lieu de penser que la traversée de la voie ferrée à Pangar et Ngaoundal expose les autres départements de l’Adamaoua voire la Région de l’Est. Selon des indiscrétions, la bourgade de Pangar passe pour être à ce jour un véritable foyer du choléra. Au centre de santé de Pangar, l’on redoute un nouvelle rupture des médicaments disponibles. N’en déplaise aux autorités régionales en charge de santé qui soutiennent mordicus de l’épidémie a d’ores et déjà été maîtrisée, « le comité de gestion fonctionne pour pouvoir désigner un commis de pharmacie. Et puis on va renflouer leur pharmacie (celle de Pangar, Ndlr) (…) . Ils auront régulièrement leurs médicaments comme les autres formations sanitaires de la Région », tente de convaincre le délégué régional de la santé publique de l’Adamaoua.

Sur le plan national, le choléra a causé un millier de décès. La presque totalité des Région est touchée par cette maladie meurtrière qui tend à devenir endémique. La menace persiste dans l’Adamaoua où le rythme de progation inquiète le gouvernement. A propos, « Je vous convie à accompagner le gouvernement dans la lutte contre cette longue et pénible maladie ». L’exhortation est du secrétaire d’Etat auprès du ministre de la santé publique.

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