Garoua : Alim Hayatou met en garde les musulmans contre l’extrémisme religieux

Le lamido de Garoua, chef religieux musulman, a demandé aux fidèles d’Allah de se contenter des fondamentaux de l’Islam, à rejeter toute doctrine extérieure et à préserver la paix.

Par Naser Ben-Aziz

Le message était à peine voilé. En tout cas, très clair pour l’ensemble des musulmans présents à la grande prière marquant la fin de 30 jours de jeûne et de privation à la grande mosquée de Poumpoumré le 30 août 2011 à Garoua. Dans sont traditionnel message à cette occasion, le lamido de Garoua, Alim Garga Hayatou a exhorté les idèles musulmans à se contenter de la pratique des fondamentaux de l’islam et à ne pas se laisser séduire par toute autre doctrine. Le coran et les hadiths sont les deux choses valables en matière du coran, a insisté Sa Majesté Alim Garga. « Que les prédicateurs s’attachent uniquement au coran et aux hadîts et tout ce qui reste-là ce sont les affaires de la vie simple, ce sont les affaires sociales, ce sont les commentaires qui n’engagent pas en réalité l’islam », a-t-il fait savoir.

Rappelant l’histoire et l’origine de l’islam au Cameroun, il a déclaré « qu’il n y a pas d’autres raisons que nous cherchions d’autres personnes pour diriger notre islam. C’est nous même, les enfants d’ici qui devons diriger notre islam, de notre façon, comme nous l’avons tenu pendant cinq, six siècles ». Une prise de position qui n’a pas du tout surpris de nombreux musulmans présents au lieu de prière. « Nous sommes inquiets face à ce qui se passe. Il est normal que notre guide spirituel remette les gens sur la bonne voie, celle du coran et de l’islam d’Allah. A cause de l’illettrisme, beaucoup sont déroutés par des personnes qui disent avoir fait des études en Arabie Saoudite et prêchent des pratiques intégristes et contraires aux préceptes du prophète », explique un fidèle après la prière.

Présent aux frontières du Cameroun, particulièrement à Maiduguri, au Nord du Nigeria, la secte « Bako Haram » qui signifie en langue haoussa « l’éducation occidentale est un péché » et qui souhaite la mise en place d’un Etat islamique dans le nord du Nigeria avec une stricte application de la charia, inquiète la communauté musulmane du Cameroun ainsi que ses autorités. Il y a d’ailleurs quelques jours, le président national de la conférence des Imams du Cameroun, Cheikh Moubarak Mbombo Ibrahim, dénonçait les agissements de « Boko Haram » à l’intérieur du pays et ce depuis 2009. De nombreux camerounais feraient partie de ce groupe radical et sont pour la plupart ceux qui ont fait des études dans ce pays. Cheikh Moubarak Mbombo Ibrahim, par ailleurs Imam de la mosquée centrale de Douala, invitait les fidèles à dénoncer tout mouvement ou action liés à la secte « Boko Haram » car les partisans de la secte s’habillent généralement comme des occidentaux. D’où la mise en garde du Lamido de Garoua.

A la place de la mosquée, Alim Hayatou a rappelé l’importance de l’inscription sur la liste électorale et de la carte nationale d’identité. « Dans le monde actuel, on ne mesure l’engagement, l’accomplissement d’une communauté, d’un individu que par la voix électorale », a-t-il fait savoir. Pour lutter contre la pauvreté, il a demandé aux musulmans de s’adonner à l’élevage et à l’agriculture traditionnelle dans les sarés. « Il faut toujours garder deux ou trois moutons et avoir quelques poulets pour sauvegarder son honneur en cas de disette, en cas de pauvreté ». Avant lui, l’iman de la mosquée, Modibo Marafa Djafarou, a insisté sur les vertus du partage et du sacrifice. Dans son homélie, il a rappelé que tout est vanité ici bas et a appelé au respect de des valeurs et de la religion islamique.

Aux premières heures de la matinée, les fidèles musulmans de la ville de Garoua ont convergé vers les différents lieux de prière disséminés à travers la ville. A la grande mosquée de Poumpoumré, ils étaient des milliers à s’être accaparés de la vaste cour de la mosquée.

La grande prière de la fin de ramadan intervient après trente jours d’abstinence et de soumissions à Allah marqués par le jeûne, l’abstinence et le partage. Les festivités se sont poursuivies dans les sarés où parents, amis et connaissances ont partagé gâteaux, repas et boissons traditionnelles. La fantasia organisée le lendemain au stade municipal de Laïndé a également attiré de nombreuses foules.

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