Doukoula : Djamara Loursantou, un député du RDPC dictateur.

Djamara Loursantou, le tout puissant « élu du peuple » va de frasque en frasque au grand dam du RDPC. Le 9 octobre dernier, jour de l’élection présidentielle, il s’en est prit au responsable local d’Elecam de sa circonscription. Le Député n’en est pas à sa première frasque dans l’arrondissement de Kar Hay où désormais il a fait des antennes communales, des cibles principales.

Par LSI

Le scrutin présidentiel du 9 octobre au dernier au Cameroun n’a pas fini de dévoiler ses irrégularités, ses imperfections, ses anecdotes mais aussi et surtout les multiples abus de pouvoir de certaines personnalités directement impliquées dans le déroulement du vote. Dans la région de l’extrême-nord, département du Mayo Danay, la localité de Doukoula, chef lieu d’arrondissement de Kar-Hay, l’élection présidentielle majoritairement favorable au parti au pouvoir, aurait pu passer en douce n’eut été une énième condescendance reconnue à l’Honorable Djamara Loursantou, député du Rdpc Mayo Danay-Sud. Des sources concordantes, nous apprenons que tout avait pourtant bien commencé dans cette circonscription électorale de Kar-Hay. Le matériel électoral avait été dispatché dans les 54 bureaux de vote. Le seul couac enregistré, sans particularité apparente, était l’acheminement des bulletins de vote des 23 candidats. Finalement dimanche matin, jour du scrutin, les bureaux de vote de l’antenne communale de Kar-Hay disposaient d’un stock assez important de bulletins de vote. Le stock de sécurité était géré par le chef d’antenne. Selon les mêmes, Ici comme ailleurs dans le département du Mayo-Danay, il n’y avait pas match. Non seulement, les vingt deux autres candidats ne sont pas allés battre campagne dans cette localité, ils n’avaient surtout pas de représentants dans les bureaux de vote. Un témoin qui a requis l’anonymat raconte que « lorsque que Mme Baadiele Valerie, responsable locale d’Elecam s’apprêtait à effectuer les tours dans les bureaux de vote, l’honorable Djamara Loursantou, député Rdpc débarque à la tête d’une meute de voyous à l’antenne Elecam ». Sa cible, serait Mme le chef d’antenne. « Il se retrouve nez à nez avec la responsable d’Elecam à qui il profère des menaces, même de mort. Au motif que cette dernière n’aurait pas approvisionné certains bureaux de vote en bulletins du RDPC » poursuit le témoin. Or selon, le chef d’antenne, cet élu du peuple déchargeait lui-même les bulletins pour aller ravitailler les bureaux de vote. Elle est surprise que ce même député vienne la menacer pour les mêmes motifs. « Tout cela est un montage savamment orchestré par cet individu», fulmine-t-elle.

Selon Baadiele Valerie, l’honorable Djamara Loursantou est remontée contre elle depuis qu’elle a refusé qu’Elecam soit transformée en un instrument de règlement des comptes entre les élites de cet arrondissement. Faute de l’avoir convaincue à devenir son sbire, le député s’est résolu à lui compliquer la tâche et à avoir sa peau. » Il croit qu’avec son argent, il peut mettre tout le monde dans sa poche y compris mes chefs », fait-elle savoir avant d’ajouter, « moi je ne meurs pas de faim, mon mari travaille et nous avons de quoi nourrir nos enfants ». Il tente dans un premier temps de saisir le Délégué régional et le Directeur Général d’Elections Cameroon (Elecam) pour obtenir sa tête. Après avoir réussi, malgré les réserves de Mme le chef d’antenne, à faire louer son bâtiment situé à l’entrée de sa concession pour abriter les services d’Elecam. Après avoir également réussi à faire recruter à l’antenne communale locale son propre chauffeur et son beau-fils, pour mieux infiltrer la maison. Des agents à qui, il prélève une dîme mensuelle pour rentrer dans ses fonds investis pour leur recrutement.

La lecture de la réaction de ce député hautain se résume à l’amour du pouvoir auquel il s’est attaché depuis 2002. Le très « déshonorable » député, ayant prit goût aux délices des couloirs du Palais des Verres de Ngoa Ekélé, ne saurait se défaire d’une potentielle réélection aux législatives de 2012. L’élu du peuple au départ aujourd’hui vomi et par la population et par l’élite du coin, veut réaliser un coup de force en comptant sur ses « alliés sûrs », en commençant par Elecam. Ce qui explique son combat pour obtenir à sa solde, un chef d’antenne acquis à sa solde. En Septembre dernier, contre toute attente, alors que le chef d’agence départementale d’Elecam du Mayo-Danay était en réunion à Maroua, il a réussi grâce aux complicités de certains agents de ce service, à obtenir la liste des présidents des bureaux de vote de Doukoula pour y mettre les noms des siens. Proactif à souhait, il espère obtenir le soutien de ceux-là le moment venu. Pour essayer de rallier la hiérarchie d’Elecam à sa cause, il multiplie les manœuvres pour limoger tous les quatre chefs d’antenne communale d’Elecam de sa section.

La sale réputation d’un honorable

Si l’on reconnaît au député la capacité des dons de quelques tables-bancs, des ordinateurs et surtout des céréales à des populations qui frôlent très souvent le seuil de la famine, il n’en demeurent pas moins qu’il sait faire se faire rembourser sa « générosité ». Difficile de trouver un habitant de l’arrondissement de Kar-Hay et environs qui ne connaissent pas l’honorable Djamara Loursantou communément appelé Yamra. Le député Rdpc du Mayo Danay-sud, réputé par sa violence et ses actes hautains au mépris des droits de l’homme, est reconnu comme un distributeur automatique de gifles selon ses humeurs. L’homme à la gâchette facile n’hésite surtout pas à menacer de son arme à feu, toute quiconque oserait le contredire. A Doukoula, les habitants n’ont pas oublié les conséquences d’une de ses crises de colère, qui l’avaient amener à mettre du piment dans les yeux d’un sourd-muet du village surnommé Bê. Traumatisée, la victime s’était résignée à vivre torse nu tant que son tortionnaire sera en vie. Le député « Yamra » est aussi réputé pour les trafics d’influence. Il a réussi à se faire fabriquer les papiers en-tête estampillés, président du conseil économique et social. Avec cet instrument, il soumet des listes aux hautes personnalités de la République pour faire admettre les siens et surtout vendre des places aux concours administratifs. Le député est un homme rompu au jeu des échecs. Pour inverser la tendance, il se rapproche de la hiérarchie d’Elecam. Au nom du président du conseil économique et social, il propose des noms pour remplacer les opposants. Voyant sa demande retardée, il infiltre les antennes par ses affidés. A coup de dons en espèces et en nature, il réussit à faire recruter tous ses « garçons de mains » dans les quatre antennes communales. Ceux-ci sont chargés de lui communiquer en temps réel les informations utiles. Même s’ils doivent se délester de 50 000 F chaque mois pour rembourser la somme dépensées pour leur recrutement. Des sources révèlent que Yamra parade « qu’il a dû offrir bœufs et argent pour faire accepter les dossiers des siens ». L’homme n’est pas du genre à abdiquer. Il a promis à chaque antenne un traitement particulier.

Depuis l’avènement d’Elections Cameroon, cet élu du peuple voit en cette structure un obstacle pour sa réélection lors des prochaines législatives. Les quatre chefs d’antenne affectés dans le grand Kar-Hay (Doukoula, Kalfou, Tchatibali et Datcheka) sont dans son collimateur. « Ce sont des opposants qu’on m’a envoyés », râle-t-il à chaque réunion du parti au pouvoir. Au chef d’antenne de l’arrondissement de Tchatibali, il promet la suspension de son salaire à la fonction publique. A Koué de l’arrondissement de Datcheka qu’il qualifie d’opposant pur et dur, il lui fait savoir que la prochaine élection se fera sans lui. A Kalfou, où il accuse le chef d’antenne d’inscrire uniquement les islamo-peuls sur les listes électorales, il lui est aussi reproché de préparer le terrain à l’UNDP. A Doukoula, le chef d’antenne avec qui il a des liens familiaux est qualifié de têtu. Madame Badieele Valérie n’est pas assez docile à son goût. Sur le terrain, le député recommande aux électeurs Rdpc de ne pas se faire inscrire par ELECAM. Il a distribué aux responsables des sous-sections et comités de base des cahiers à cet effet.

C’est fort de cette lourde réputation que l’ancien contrôleur d’autocar, communément appelé au Cameroun « motor-boy » reconverti, à la surprise générale à la politique, multiplie des promesses fallacieuses aux populations. Dans un article paru le 10 novembre 2010 dans le quotidien national Cameroon-Tribune, réclamant un vote à 100% pour le candidat naturel du Rdpc, le député avait annoncé au cours d’un meeting : « Bientôt, la ville de Doukoula sera reliée à l’axe Magada -Yagoua par une bretelle bitumée de 15Km ». Selon le même quotidien, il rajoute que « l’entreprise adjudicataire des travaux n’attend que la fin des pluies pour lancer le chantier ». Une promesse politique qu’attendent inlassablement d’être réalisée les populations de l’arrondissement de Kar-Hay, assoiffées de sortir d’un désenclavement qui n’a que trop duré. Par ailleurs, le député Rdpc Mayo Danay-Sud cumule plusieurs amendes de l’agence de Régulation des Marchés Publiques (ARMP) pour les prestations mal exécutées. Pour une partie de l’élite de Doukoula, sa présence à l’hémicycle constitue simplement une honte pour l’arrondissement. Une unité administrative qui regorge pourtant de nombreux cadres et intellectuels qui malheureusement continuent à se faire représenter par une personne jugée barbare et qui ne cesse de ternir l’image dudit arrondissement.La grande déception est certainement celle du Président du Conseil Economique et Social, Ayang Luc, par ailleurs Wang Kulu (titre accordé au chef traditionnel dans la localité) de Doukoula. Ce dernier a vraisemblablement un caillou dans la chaussure dont il a du mal à se débarrasser. L’inamovible Djamara Loursantou, devenu très nuisible, ne se contente plus seulement du trafic d’influence, mais va d’exactions en exactions.

Nationalité Camerounaise incertaine

L’article 15 de la constitution du Cameroun en son alinéa 2 stipule que chaque député représente l’ensemble de la nation. Ce qui traduit qu’une personne de nationalité étrangère ne saurait représenter cette même nation, par conséquent ne saurait être élu du peuple. Considérant que le Cameroun n’autorise pas la double nationalité, le député Djamara Loursantou n’aurait donc pas sa place au Palais des Verres, si l’on s’en tient aux informations rapportées en octobre 2009 par le site d’information Camer.be. Le journal en ligne se posait la question de savoir « Comment un Tchadien, de souche et de nationalité, a-t-il pu se retrouver à l’hémicycle de Ngoa Ekélé et ce pendant trois mandats consécutifs ? » Une question qui mets à nue l’incapacité de l’administration camerounaise à détecter de telles failles.

 

 

 

 

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