A 29 ans seulement, elle explore contre vents et marées tous les secteurs du journalisme.
Par Prosper Louabalbe Passah
Dans son calme apparent, il est difficile de deviner que derrière ce visage, se cache une femme dont la voix suave a bercé les tendres oreilles des auditeurs de la Crtv Littoral et Extrême nord. Dorothée Danedjo Fouba y faisait alors ses premiers flirts avec le monde du journalisme, dans ses stages académiques. Par la suite, les colonnes du magazine Ici Les gens du Cameroun se paieront ses services et la Crtv Poste National se fera le réel plaisir de la retenir plus longtemps. Au-delà des tranches d’information, la jeune femme s’est également illustrée dans des émissions célèbres de la radio : Entre les lignes derrière les mots, Bibliothèque, Media.net, Politudes et Dimanche midi entre autres.
Mais il faut revenir plus loin dans sa douce enfance, pour comprendre l’intérêt que cette native de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun accorde au monde de la communication. Tout le contraire de ce à quoi la prédestinait la vie familiale : « Mes frères sont tous les deux, dans la vie active, des ingénieurs en génie civil et en génie informatique et réseaux. Ma mère est infirmière de formation et coutière de profession actuellement, et mon père ingénieur principal en génie civil, issue de la première promotion de l’Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics », explique sans tarir d’émoi Dorothée.
Prédestination
Alors que tout commence à la fin de ses études secondaires sanctionnées par un baccalauréat A4, avec la mention assez bien, dans un lycée de la capitale économique du Cameroun, l’actuelle journaliste fonctionnaire au ministère de la communication, convolait pour des justes noces avec ce secteur qui, à la longue, deviendra pour elle une passion plutôt qu’une profession, et ce ne sont pas les mots pour le dire qui lui manquent : « Je fais du journalisme parce que j’ai toujours aimé cette profession et les métiers qui l’entourent. En réalité, tout ce qui est communication suscite en moi intérêt ». Au-delà de sa formation acquise à l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (Esstic), la ressortissante de Boboyo, un canton de l’arrondissement de Kaélé dans le Mayo Kani, explore depuis quelques années déjà , les horizons de la nouvelle donne journalistique, en axant son dévolu sur le web journalisme et le web marketing. Toutes choses qui découlent de l’angle purement technique donné à sa formation. « C’est vrai qu’à la base mes choix de spécialisation ont été plus techniques que ceux de mes promotionnaires et confrères (secrétariat de rédaction audionumérique et télévisuel), mais, cet amour pour la technologie va de plus en plus croissant. Ce qui explique peut être mes certifications dans plusieurs centres de formations et structures IT camerounais, dans le domaine de la création des sites web et la maîtrise du langage multimédia », affirme-t-elle lorsqu’il s’agit de ses connaissances accessoires en communication.
Le journalisme, le « plus beau métier du monde », comme on l’aime bien l’appeler a marqué cette jeune femme célibataire, au-delà de toutes les appréhensions. Aussi, elle se souvient de ses moments mémorables comme si elle les avait vécu il y a quelques heures seulement. Au sommet de ses efforts, se hissent quelques récompenses : « je remporte le 2nd prix du meilleur reportage africain sur les logiciels libres en 2010 (African Foss reporter award 2010 organisé par Fossfa, Fossway, Osiwa et DeutscheWelle). Entre autres joies, je peux citer un autre reportage en mai 2010 réalisée sur des actes de corruptions au Minader pour le journal des faits de société de 8h sur le Poste National de la Crtv. Ce reportage a permis de faire stopper la pratique appliquée aux nouvelles recrues à cette période en 2009 l’un de mes reportages Tv dans le magazine « Enquête d’infos », a donné l’occasion à des âmes de bonnes volontés d’aider un enfant de 4 ans sourd et muet afin de pouvoir continuer ses études ». Et voilà qui, au bout de longues années de travail, l’amène à oublier des moments de frustrations au début de sa carrière.
Malgré les difficultés rencontrées dans la vie professionnelle, la native du Mayo Kani n’a pas désavoué le monde de la communication. Après avoir passé près de six ans à la rédaction centrale du Poste National de la Crtv, elle s’insère volontairement, par voie de concours, au ministère de la Communication où elle exerce depuis deux ans. Période qui coïncide curieusement avec sa sollicitation par l’Esstic comme enseignante vacataire. La journaliste y dispense régulièrement des sessions de formation conjointe avec Elvis Mbimba, en création et gestion de sites web de communication. Elle entretient elle-même un jardin secret communicationnel sur la toile qui porte son nom : www.dorotheedanedjo.com.

