L’Adamaoua expose la richesse de sa terre

De nombreux agriculteurs venus de tous les horizons de la région ont étalé leur savoir faire en matière agricole, ce vendredi 23 décembre à l’esplanade de la délégation régionale de l’Agriculture et du développement rural pour l’Adamaoua.

Par Esaie Meidogo Shakur

Devenu une tradition, le mini-comice agro pastoral a une fois de plus donné raison à ceux qui prônent la valorisation de l’Agriculture en vue du développement du Cameroun. L’événement qui a pris corps pendant 2 jours remet ainsi au goût du jour, le sujet sur la place qu’occupe la filière agricole au Cameroun. Ils étaient environs 250 agriculteurs des 21 arrondissements de la région invités à participer à l’exposition de leurs meilleures productions. Se trouvaient achalandés dans les stands des produits de toutes variétés les tubercules, les légumes, les céréales, la volaille, le bétail, et biens d’autres marchandises à même de contribuer à la bonne préparation des fêtes de fin d’année. « Je viens de me ravitailler en poulet, mais je trouve qu’il n’y a pas grande différence entre le prix d’ici et celui de tous les jours au marché » confie une ménagère à la sortie du village de comice.

Loin de se limiter à un espace d’échange entre producteurs et consommateurs, le mini-comice a connu la participation de la Mission de régulation des approvisionnements des produits de grande consommation (Mirap), structure destinée à protéger les intérêts du consommateur qui en a profité pour renforcer son combat contre la spéculation.

Le mini-comice agropastoral est une initiative du ministère de l’Agriculture et du développement rural, qui commence à s’intégrer progressivement dans les activités du monde rural. Depuis quelques années au mois de décembre notamment, ceux-ci se retrouvent dans le but d’apporter des essais de solution en vue de contrer la difficulté qu’à la ménagère à remplir son panier. Tout a débuté en février 2008 après les émeutes de la faim, avec un objectif principal, la redynamisation du secteur agricole à travers une saine émulation des principaux acteurs que sont les agriculteurs de toutes les régions du Cameroun. Un objectif auquel se greffe la lutte contre la vie chère. Une volonté politique qui s’est récemment matérialisée par des dons du chef de l’Etat aux agriculteurs de la région constitués de semences améliorées, de maïs et de sorgho, de 15 tonnes d’engrais, de 3500 litres de pesticides, le tout accompagné d’une enveloppe de 8 000 000 Fcfa, cela dans l’optique de réaliser des microprojets pour les associations des jeunes agriculteurs de l’Adamaoua.

Réactions

« Nous voulons encourager les agriculteurs », Issa Minista, Délégué régional de l’Agriculture et du développement rural pour l’Adamaoua.

Le mini-comice est une tradition au ministère de l’Agriculture et du développement rural. C’est un moment de communion entre les producteurs, les encadreurs et les populations. A travers cette initiative, nous voulons encourager les agriculteurs à faire de meilleurs rendements. Raison pour laquelle, nous allons à la fin primer, les meilleurs agriculteurs des 5 départements que compte l’Adamaoua d’une manière ou d’une autre. La particularité de cette année est au niveau du décor. Nous étions au comice agropastoral national d’Ebolowa, nous avons beaucoup appris et nous sommes venus également répercuter cela au niveau de la région.

« Beaucoup d’agriculteurs ne connaissent pas encore la Mirap », Omarou Sanda, Responsable de la Mirap

Nous sommes là pour vendre l’image de la Mirap parce qu’il y a beaucoup d’agriculteurs qui ne connaissent pas encore notre existence. Premièrement’ c’est pour vendre l’image de la Mirap et deuxièmement, chercher les potentiels partenaires. Par ailleurs, il s’agit également pour nous de jauger à quel niveau nous pouvons avoir une grande population lors des expositions de nos produits. Nous projetons bientôt organiser dans les 10 régions du Cameroun les marchés périodiques chaque fin du mois à partir du 25, des expositions des produits de premières nécessités.

 

Mini-comice de Ngaoundéré:  des produits chers au nez de la Mirap.

La mission était en prospection pendant que les consommateurs se faisaient plumer par les producteurs.

Par Marie-Cécile Akamba

Près de 250 exposants étaient attendus au mini-comice agropastoral de Ngaoundéré. Mais au décompte final, nombreux ont désisté pour des raisons non encore élucidées. C’est l’un des constats phares de ce grand rendez-vous du monde rural dont la particularité pour le maître des cérémonies a été relevée au niveau du décor. Le village du mini-comice était tout en matériaux locaux avec des stands démontables et moins onéreux. « Nous étions au comice agropastoral d’Ebolowa et nous avons appris des choses que nous sommes venus répercuter au niveau de la région », s’est satisfait Issa Minista, délégué régional de l’agriculture et du développement rural de l’Adamaoua. Sur les étals riz, maïs, poissons, pommes de terre, ignames, plantains, maniocs, huiles végétales, cannes à sucre, légumes dans leurs plus beaux spécimen se disputaient la place. Toutefois, les populations sorties dans l’espoir de remplir le panier, sont restées sur leur soif. La surenchère. La volaille en quantité insuffisante était vendue à prix fort, l’image la plus frappante étant celle d’un poulet bien dodu resté toute la journée sans preneur car coûtant 25 000 Fcfa. Le marché des caprins avait de quoi donner le tournis. Toutefois, au bout du compte, chacun en a eu pour son porte-monnaie alors qu’au centre du village, un stand moderne et bien achalandé vociférait un taux immense de messages. « La Mirap, c’est un instrument que le chef de l’Etat a créé pour lutter contre la vie chère », scandait Paul Messi, représentant la mission de régulation des approvisionnements des produits de grande consommation. Distribuant des prospectus, des calendriers, le porte-voix de cet organe en mettait plein la vue, alors qu’à côté les ménagères déambulaient devant les vivres frais, le melon, l’assiette de concombre, folles de rages et discutant avec les commerçants comme s’ils allaient en venir aux mains. « La Mirap a pour mission d’alerter, d’acheter, d’approvisionner et même d’accompagner et d’importer s’il le faut, pour permettre que les camerounais puisse s’approvisionner en produits de grande consommation à un prix le plus bas possible », a-t-il poursuivi sans rompre le tempo. A la question de savoir l’objet de cette présence, le porte-parole de la Mirap a dévoilé être dans la région de l’Adamaoua pour « nouer des partenariats avec des potentiels partenaires, agriculteurs, importateurs, distributeurs » pour mobiliser leur production et la mettre de manière permanente à la disposition du consommateur. Bien! Sauf qu’en ce 23 décembre, les populations avaient besoin de concret et non de discours. Les prix se sont envolés sur le marché et il fallait faire quelque chose. Interrogé sur ce que la Mirap entendait faire pour baisser les prix au mini-comice, la réponse était plutôt ambigüe. « Nous incitons ceux qui sont producteurs qui sont déjà là, à vendre moins cher mais la vérité c’est que nous n’avons pas encore la possibilité, n’étant pas sous contrat avec eux pour l’instant, de les obliger à vendre aux bas prix. Or, les contrats que nous allons nouer avec eux vont les obliger à respecter les prix que nous aurons convenus ensemble ». Pour les consommateurs « la Mirap pourrait ne pas apporter un grand changement dans le panier de la ménagère » car au jeu des arrangements, les producteurs et commerçants ne devraient pas supporter longtemps que cette structure présentée comme concurrente, viennent « casser le marché ».

 

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