Les associations Tabital Pulaaku International et Bilitol Fulfulde, regroupant les peuls d’Afrique, sont satisfaites de l’organisation de l’événement culturel.
Par Tongba Houlna
Il y a un peu plus de dix ans, les peuls d’Afrique ont mis sur pied une association culturelle dénommée Tabital Pulaaku International dans l’optique de promouvoir la langue peule, revaloriser, redynamiser et pérenniser leurs cultures face à la mondialisation. Comme toutes les autres traditions africaines, les peuls en contact avec le monde occidental et surtout face à ce qu’il convient d’appeler civilisation, perdent leurs racines. Cette association née à Bamako au Mali regroupe tous les peuls répartis sur toute la zone soudano-sahélienne à cause du nomadisme. A travers ce festival international, les peuls ont pour veulent sensibiliser les jeunes en vue de les enraciner davantage dans leurs cultures tout en restant ouverts au monde et surtout présenter aux autres leur richesse et leur diversité culturelles. Ils veulent développer chez les jeunes le mode de conduite du peul communément appelé « Pulaaku », axé sur trois valeurs fondamentales : le bon sens, le respect de la pudeur et la réserve ou la patience.
Pour atteindre ces objectifs à travers l’immensité de l’Afrique, deux associations peules entendent sortir la tribu de leur somnambulisme et de leur insouciance latents. Le grand enthousiasme qui a prévalu dès la création de Bilitol Fulfulde et de Tabital Pulaaku International ne s’est pas fait attendre. Les associations souffrent du désintérêt de certains membres, de l’absence d’un leadership militant et de moyens matériels adéquats à la hauteur de l’espoir. Pour cela, les peuls préconisent une mobilisation d’envergure pour faire face au naufrage culturel. Un sujet mis à contribution au cours de l’assemblée générale du Tabital Pulaaku International à Bamko prévue les 26, 27 et 28 janvier 2012.
Les activités qui ont démarré le 22 décembre étaient fort chargées avec au programme, des concours de contes, de proverbes, des devinettes, des causeries éducatives, etc. Des artistes musiciens, fantasia « Narja » et griots se sont exhibés pendant les trois jours consacrés au festival. Dans la foulée, la très célèbre musicienne Fahti Salma de Ngaoundéré s’est affichée dans une remarquable prestation autant que certains humoristes aussi bien talentueux. L’exposition des arts plastiques, des pyrogravures, l’étalage des tisserands, la case de la femme peule… ont également captivé l’attention des visiteurs des stands.
Dans la phase protocolaire présidée par le préfet Baba Ngamdji, le maire de la commune de Yagoua représenté par son premier adjoint Sahoulba Robert, a déclaré son intention d’organiser prochainement un festival communal englobant toutes les cultures présentes dans sa circonscription. Le discours qui a retenu l’attention est incontestablement celui du Général de brigade Ismaïla Cisse, ambassadeur du Mali avec résidence en Guinée Equatoriale, l’un des pères fondateurs du Tabital Pulaaku International qui se place aujourd’hui dans le peloton de tête avec les associations de défense de la culture africaine. En rappelant la laïcité de leur association, l’ancien Gouverneur de Bamako déclare qu’elle « est pacifique ; elle est particulièrement intégrationniste. Nul doute que nous n’avons rien à voir avec les rébellions ici et là (…), avec les mouvements armés qui disent défendre la cause des peuls (…). Le seul combat que nous menons est sans nul doute, le combat pour défendre et promouvoir la culture peule ; partant, aider à l’amélioration de vie, d’existence de nos millions de militants ». L’on apprendra par la suite que plusieurs sommités africaines ont pris part à la fondation du Tabital Pulaaku International. L’ambassadeur malien Ismaïla Cissé cite entre autre l’écrivain sénégalais Cheik Ahmadou Kane auteur du célèbre roman aventure ambigüe, feu Oumar Bah, auteur de la traduction du coran en Fulfulde, le Général Mohamadou Bouhari du Nigéria etc. Bien qu’ayant commencé avec un grand retard, les cérémonies protocolaires se sont aachévées sans aucun incident. Les délégations peules sont venues du Mali, du Niger, du Tchad, du Nigéria, du Japon et de tous quatre coins du Cameroun ont pris part au Fiatrap avec la présence d’un invité de marque, l’homme d’affaire nigérian Aladji Baba Gana.

