Décès du journaliste burkinabé Samuel Kiendrébéogo de la Voix de l’Amérique

  • Le « patriote » repose désormais à Saponé
  • Qui était Samuel Kiendrébéogo ?
  • Image : lefaso.net

    Décédé brusquement le 4  janvier 2012 à Ouagadougou , à l’âge de 63 ans, le journaliste burkinabè, Samuel Kiendrébéogo, précédemment en service à la radio Voix de l’Amérique (Voa), a été inhumé, le samedi 7 janvier dernier, à Saponé, son village natal.  Patriote convaincu, selon plusieurs de ses proches, cet homme des médias s’en est allé à jamais.

    Par Kader Patrick Karantao

    Rentré au pays courant décembre 2011 pour quelques jours de vacances, Samuel Kiendrébéogo, de l’avis de bon nombre de coOuagadougounfrères, se portait comme un charme. Il avait même mis ce séjour à profit pour régulariser sa situation de retraité de la Fonction publique burkinabè, afin de jouir tout naturellement, d’une pension. Personne ne s’imaginait qu’il allait passer de vie à trépas de si tôt. Mais ainsi est la mort, un mystère ! Marcel Bélem, journaliste sportif à la retraite, précédemment en service aux Editions Sidwaya, a confié avoir bu un verre avec lui, le jour de Noël, à son domicile à la Patte d’oie, secteur N°15 de Ouagadougou. « Il se portait bien », a-t-il lâché, au détour d’une causerie, au lendemain de sa disparition.

    Cet avis est partagé par l’animateur de la Radiotélévision du Burkina (RTB), Issa Napon, qui dit également avoir rendu visite à Samuel Kiendrébéogo, le jour de la fête de la Nativité. « Nous avons beaucoup échangé et promis de nous revoir, mais hélas ! », a rapporté ce confrère. Rien ne présageait le départ de Samuel Kiendrebeogo du monde des vivants, jusqu’à cette date du mercredi 4 janvier 2012, veille de son retour aux Etats-Unis, où il devrait rejoindre son poste, au service francophone de la VOA. Selon les indiscrétions, il prévoyait de quitter définitivement l’Amérique en décembre prochain, pour revenir profiter d’une retraire méritée au bercail. Hélas ! Le jour de sa mort, a-t-on appris, Samuel Kiendrébéogo qui se portait « très bien » dans la matinée, a été retrouvé inanimé, sur le divan de son salon, aux environs de 17 heures par des voisins venus lui rendre visite.

    L’autopsie pratiquée aurait révélé une mort suite à une crise cardiaque, pendant sa sieste. Toujours sous le choc après sa disparition, ses parents, ses amis, ses confrères et les autorités burkinabè l’ont accompagné, le samedi 7 janvier 2012, à sa dernière demeure, à son domicile de Saponé, son village natal. L’émotion et la tristesse se lisaient sur le visage de tous ceux qui ont assisté à l’inhumation Aussi bien les anonymes que les personnalités n’arrivaient visiblement pas à admettre la mort de ce journaliste « rompu au métier ».

    Des hommages biens mérités

    Au rang des personnalités présentes, l’on notait le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Alain Edouard Traoré, celui de la Culture et du Tourisme, Baba Hama. Aussi, les anciens Premiers ministres, Tertius Zongo et Paramanaga Ernert Yonli ont tenu à faire le déplacement. Touchés par cette perte, tous ont assisté à l’inhumation du défunt, précédée quelques heures avant, de l’absoute en l’église Notre-Dame de Lourdes de Saponé et d’une veillée de prière, tenue la veille au domicile du disparu à Ouagadougou. Avant l’acte d’enterrement proprement dit, il y a eu trois interventions, de véritables speechs d’hommage. S’appuyant sur des extraits d’interviews que le défunt avait accordées à certains organes de presse, le ministre de la Communication, entre regrets et espoirs, a salué la mémoire d’« un très grand journaliste, un professionnel mondialement connu ».

    Pour lui, Samuel Kiendrébéogo, en plus d’être un passionné de journalisme, était un patriote qui a contribué à la promotion de l’hymne national au sein de la communauté burkinabè aux Etats-Unis. Estimant qu’il constitue un « bel exemple » à suivre pour les jeunes journalistes, il a souhaité que ses proches aient la force nécessaire pour comprendre et supporter cette disparition. Le porte-parole des amis du défunt, Mamoudou Ouédraogo, conseiller à la Présidence du Faso et ancien ministre de la Culture, a abondé dans le même sens, non sans louer les qualités de l’homme que l’on pleure. Il a loué sa « fidélité en amitié », son « penchant à faire du bien dans ce monde cruel », etc. « Le malheur de perdre Samuel ne doit pas nous faire oublier le bonheur de l’avoir connu », a-t-il conclu, pour boucler son discours très poétique.

    Le messager de la VOA, Mathieu Lavoie, anecdotique, a rendu hommage à un « collègue qui faisait son travail avec conscience, enthousiasme et qui était disposé à donner un coup de main ». Aussi curieux que cela puisse paraître, a-t-il relevé, Samuel est décédé un mercredi, le jour de son émission « Médias d’Afrique et d’ailleurs », sur les ondes de la VOA. Qui plus est, a-t-il signifié, la radio a diffusé une de ses anciennes émissions, le 4 janvier 2011 aux environs de 19 heures TU, sans savoir qu’il n’était plus de ce monde. De son côté, la représentante des petits-fils du disparu, Andy Joël Ilboudo, a dit tout l’amour qu’il portait à leur égard. « Tu savais nous dorloter ! », a-t-il soutenu à son endroit, avant d’achever son intervention par une formule très chère à leur grand-père : « Ici la Voix de l’Amérique, Samuel Kiendrébéogo ».

    Ce fut le plein d’hommages à « l’enfant de Saponé ». Marié depuis mai 1981, Samuel Kiendrébéogo laisse une épouse inconsolable, Cécile et une fille qui n’a pas pu effectuer le déplacement pour prendre part aux obsèques. Que son âme repose en paix !

  • Journaliste de formation, aussi bien connu au Burkina Faso qu’ailleurs, Samuel Kiendrébéogo ou «  Samuel Kiendre  » comme on l’appelait affectueusement, est né en 1949 à Saponé, à quelques encablures de Ouagadougou. Il a eu un cursus scolaire qui l’a conduit, à partir de 1962, au petit séminaire de Pabré, au Collège Joseph Moukassa de Koudougou et à Abidjan où il a fait des études en journalisme avant d’intégrer la Fonction publique burkinabè. Après avoir servi à la Radio nationale, à Sidwaya et collaboré au quotidien privé «  L’Observateur Paalga », cet homme des médias a connu une traversée du désert, sous la Révolution, comme d’autres confrères de son époque.

    Après quoi, Samuel Kiendrébéogo avait mis son savoir et son expérience au service de la jeunesse, en dispensant des cours au Centre de formation professionnelle de l’information (CFPI), actuel Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (ISTIC). Il y a encadré des confrères comme Cyriaque Paré, actuel directeur de la communication du Premier ministère. Et c’est à force de persévérance qu’il a pu intégrer, en 1993, à l’issue d’un concours, la radio américaine, la Voix de l’Amérique (VOA), sur laquelle on entendait très souvent sa voix au timbre typé. Affable et plein d’humour, à entendre ceux qui l’ont connu et côtoyé, Samuel Kiendrébéogo s’est installé dès lors au pays de l’Oncle Sam où il vivait jusque-là, avec sa femme, une employée de la Banque mondiale. Soucieux de l’avenir des jeunes journalistes à qui il prodiguait par moments, des conseils, il a initié un prix portant son nom au concours Galian, histoire de promouvoir l’excellence au sein du corps de métier auquel il appartenait. « Grande voix » de la radio, Samuel Kiendrébéogo s’est éteint dans son sommeil, au moment où l’on s’attendait le moins. Quel destin !

    K.P.K

Soucre : lefaso.net

Commentaire désactivé.