Rétrospective 2011 – Paul Biya confirme son estime pour le Grand-Nord

Image : prc.cm

L’année 2011 a connu l’enrôlement des fils du Grand- Nord dans les différents secteurs d’activité de la nation lui conférant de ce fait,  un nouveau visage politique

Par Paul- Joël Kamtchang

Si la plupart des observateurs s’accordent à dire que le lancement de la campagne électorale liée à la présidentielle par le candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc),  le 04 octobre 2011 à Maroua a donné l’occasion aux plus sceptiques d’avoir des éléments de conviction entre les mains (concernant les bons rapports entre le septentrion et le pouvoir de Yaoundé), les faits quant à eux sont assez palpables. Des faits ne datant pas de l’année 2011 qui connaissent cependant une importance numérique. « On a jamais vu le Chef de l’Etat solliciter le Grand- Nord pour sa politique comme cette année » remarque un haut dignitaire du septentrion.

Selon les statistiques issues du dernier recensement de la population, les trois régions septentrionales à elles seules représentent environ 30% de la population nationale. Toute chose qui fait dire que le seul Mayo-Sava dans l’Extrême-Nord a voté comme un seul homme Paul Biya plus que tout le Sud réuni. Les principaux dignitaires, artisans de cette victoire, sont le tout nouveau ministre délégué à la présidence chargé des relations avec les assemblées, Amadou Ali, 2ème personnalité de cette partie du pays, président de l’Assemblée nationale Cavaye Yeguié Djibril, 2ème personnalité du pays et 1ère du Septentrion et Ibrahim Talba Malla Oumaté, directeur général de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph).

Au-delà de tout ce qui peut se dire dans les chaumières, de nature à créer la polémique dans les rapports entre Etoudi et le Nord, la fidélité de ce dernier est passée de constante à crescendo après le 06 avril 1984. Les câbles de Wikileaks du suédois Asange le démontrent à suffisance dans un extrait des confidences d’Amadou Ali mises sur la place publique lorsqu’il déclare que « Le septentrion soutiendra Biya aussi longtemps qu’il voudra rester président… ». Une déclaration qui s’est vérifiée avec l’écrasante victoire venue des électeurs du Rdpc de cette partie du pays lors de la dernière élection présidentielle.

Le visage politique du Septentrion en 2011

DDeux personnalités ont quitté le gouvernement à la faveur du réaménagement du 09 décembre dernier. El Hadj Baba Hamadou, enseignant de formation ancien ministre du tourisme ressortissant de la région de l’Adamaoua. La surprise de cette sortie dont les proches « digèrent » mal reste celle de Marafa Hamidou Yaya ancien ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, ingénieur pétrochimiste transfuge de la Société nationale des hydrocarbures (Snh) ressortissant de la région du Nord.

S’appuyant sur l’adage « un de perdu, dix de retrouvés », le Septentrion a connu l’entrée de 5 de ses fils dans l’appareil gouvernemental. Le plus jeune ministre Ousmane Alamine Mey, fils de l’Extrême-Nord était à sa venue aux Finances, directeur général d’une grande banque. L’établissement dont il présidait aux destinées a été d’un apport indéniable lors de l’opération de l’emprunt obligataire pour la réalisation des projets structurants en cours de mise en œuvre. Ces projets sont en effet, le cheval de bataille du Chef de l’Etat pour ce septennat.

Koulsoumi Aladji Epouse Boukar, originaire de l’Adamaoua, la benjamine du gouvernement actuel, y occupe le poste de secrétaire d’Etat auprès du ministre des Forêts et de la faune. Elle est inspectrice du Trésor et était en service à la présidence de la République au moment de sa nomination. Koumpa Issa qui vient du Nord, occupe le poste de secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense chargé des anciens combattants et des victimes de guerre. Administrateur civil principal, il était gouverneur de la région du Sud-Ouest au moment de sa désignation par le Décret n°2011/410 du 09 décembre 2011. Abba Sadou de l’Adamaoua, Dr Taïga de l’Extrême-Nord respectivement ministre des Marchés publics, de l’Elevage, des pêches et des industries animales sont ainsi les nouveaux visages qui rejoignent l’équipe gouvernementale aux cotés de leurs pairs qui ont pris place à bord pour la plupart depuis des lustres à l’instar de Amadou Ali et Zacharie Perevet de l’Extrême-Nord, Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakary ce dernier après 10 ans sur la touche tous deux du Nord, les autres y sont depuis peu.

La perpétuation de la lignée familiale

Si certains occupent des postes ministériels par simples alliances politiques ou pour leur victoire lors des consultations électorales, d’autres par contre, perpétuent leur lignée au regard de bons et loyaux services rendus à la nation par l’un de leurs parents.

Se situant sous ce prisme, quoique les nominations relèvent du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat, l’on ne saurait se soustraire de l’évidence. Au-delà de la nomination des fils du septentrion au sein de l’appareil gouvernemental, d’autres secteurs ont connu au cours de l’année 2011 leur arrivée à la tête de certaines structures étatiques. Il s’agit de la présidence du conseil d’administration de l’Agence nationale de normalisation et de la qualité (Anor) présidée par l’industriel Mohamadou Bayero Fadil, ténor d’un des empires agro-industriels les plus importants du Cameroun, propriétaire d’un des grands groupes de communication du Cameroun de l’heure avec le dernier né, la télévision Camnews24. Fils de El Hadj Fadil Abdoulaye, On lui reconnait les qualités de bâtisseur inlassable et surtout précurseur du développement du tissu industriel de la nation avec de grosses industries telles que le Complexe chimique camerounais plus connu sous l’abréviation Ccc  et Selcam ; sans oublier l’hôtel le Méridien qui trône en plein cœur du quartier administratif Bonanjo.

Pour ce qui est du comité central du Rdpc, deux fils du Septentrion rejoignent les hauteurs du mont Nkolnyada de Yaoundé depuis le dernier congrès ordinaire tenu les 14 et 15 septembre 2011. Il s’agit de Idrissou Angoua Maidadi, fils de l’ancien ministre délégué à la présidence de la République chargé des Relations avec les Assemblées et de Abdoul Karim Hayatou dont le père, M. Amadou Hayatou a été pendant une longue période, secrétaire général de l’Assemblée nationale.

La grande et célèbre famille Hayatou de Garoua n’est pas en reste avec le maintien d’un de ses fils au gouvernement avec plus de pouvoir. Alim Hayatou est depuis le 09 décembre dernier, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé publique en charge de la lutte contre les épidémies et les endémies. A titre de rappel , il est l’actuel Lamido de Garoua. Pour clore ce chapitre, l’héritier du feu président Ahmadou Ahidjo, que certains journaux annonçaient en tractation avec le pouvoir de Yaoundé pour son entrée au gouvernement, occupe le poste d’Ambassadeur itinérant à la présidence de la République. Mohamadou Ahidjo Badjika, militant de première heure de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), député à l’Assemblée nationale rejoint la liste très selecte des proches de Biya. On ne saurait oublier dans le même sillage Alamine Ousmane Mey fait ministre des Finances. Il est le fils du patriarche Ousmane Mey, gouverneur de la province du Nord de 1972 à 1983. Il a également été président du conseil d’administration de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps).

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