Deux éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) accusés de crime par les populations de Meiganga dans le département du Mbéré

André Djatao âgé de 20 ans, élève en classe de 4e année au lycée technique de Meiganga a été retrouvé mort dans la nuit du 8 au 9 mars dernier à l’entrée de sa chambre. Selon les conclusions des médecins légistes, l’infortuné a été victime d’une agression et ne se serait donc pas pendu comme le prétendent certaines sources.

Par Esaie Meidogo Shakur

Nombreux sont ceux qui parlent d’un règlement de comptes orchestré par les éléments du Bir.  »Il s’agit de bobo, un Bir qui dans l’après midi du 8 mars a eu une altercation avec le défunt Djatao à propos d’une jeune fille nommée Mama Judith de la classe de 4e au lycée bilingue de Meiganga. Et le soir il est venu chercher ce dernier avec l’aide de son collègue qui se surnomme Animal dans le but de le rouer de coups. Ayant constaté que leur victime avait rendu l’âme, ils sont venus le jeter devant sa porte simulant un suicide », relate un voisin qui requiert  l’anonymat. Le doigt accusateur pointé sur ces hommes censés protéger les populations se fonde sur plusieurs exactions commises par ces éléments depuis leur arrivée dans ladite localité. La situation est d’autant plus préoccupante que la population est pétrifiée par leurs agissements. »Ne t’avise pas à avoir un problème ou discuter une femme avec un gars du Bir ici à Meiganga car tu signeras par le fait même ton arrêt de mort, ce sont des véritables maîtres ici », déclare une source. Les plaintes des populations vont plus loin. Les hommes mariés les accusent de détourner leurs épouses, et d’autres de prendre des boissons à crédits sans jamais payer, et de rouer de coups quiconque oserait leur demander des comptes.

Après l’incident dans l’Extrême-nord relatif au feu ouvert sur un élève par les éléments du Bir, et le récent cas dont a été témoin la ville de Meiganga dans l’Adamaoua, tout porte à croire qu’on est loin d’être sorti de l’auberge. Face aux actes répréhensibles et rétrogrades que mènent les forces de défense et malgré les mesures conservatoires prises par le ministre de la Défense, Edgard Alain Mebe Ngo’o, rien n’y fait. »Il faudrait qu’on creuse pour retrouver les principaux auteurs et qu’ils soient punis selon la loi, pour le moment nous ne pouvons pas nous prononcer dessus », déclare le préfet du Mbere, Emile Mendoua Mfoulou visiblement décidé à aller jusqu’au bout de cette affaire. Une enquête a été ouverte par la police de la localité mais, jugeant que c’est une affaire militaire, le dossier a été référé à la compagnie de la gendarmerie de Meiganga. Les 2 éléments du Bir, le nommé Claude Bogning, alias Bobbo, et son compère qui se fait appeler Animal, auraient refusé de comparaître au premier appel sous prétexte d’attendre l’aval de leur hiérarchie. Une descente a été effectuée par le colonel du Bir afin de voir de près dans cette tragédie. Les deux éléments suspects ont été finalement été entendus alors que le verdict reste attendu, dans l’espoir que ce cas de trop sonnera la fin de la terreur semée par certains éléments des forces l’ordre censées protéger les populations.

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