Plus de 3267 cas et 12 décès en 4 mois dans la région du Nord
Ces chiffres ont été donnés le 11 avril dernier à Garoua par le délégué régional de la Santé publique du Nord, Dr Abdoulaye Yougouda. C’était à l’occasion du lancement de la Semaine d’action de santé.La situation semble grave au point de susciter une action spéciale dans la région du Nord. En 2009 par exemple, selon les autorités sanitaires de la région, sur les 2400 cas recensés dans tout le pays, la région du Nord occupait le peloton de tête avec 912 cas soit 43% de tous les cas recensés. Mais de janvier au 11 avril 2012, date du lancement d’une campagne de vaccination, la région du Nord à elle seule totalise 3267 cas dépistés et 12 décès. « Le fort taux d’incidence en rougeole actuel s’explique par le fait que de nombreux enfants ne se sont pas fait vaccinés lors des campagnes 2006 et 2009. En plus de ceux-là, ceux qui sont nés entre temps. A ce chiffre, il faut ajouter les enfants chez qui la vaccination n’avait pas réussi. Conséquence, des enfants non vaccinés se sont accumulés d’années en années d’où le fort taux actuel« , répond le Dr Abdoulaye Yougouda à la question de savoir pourquoi les chiffres du Nord sont au dessus de ceux des autres régions du Cameroun. Des indiscrétions recueillies ça et là attribuent ce fort taux d’incidence au refus des populations de faire vacciner les enfants en raison des considérations socioculturelles voire religieuses. Pour de une bonne partie de la population, la vaccination serait une cause de stérilité chez les femmes ou encore une source de contamination d’autres maladies telles que le Vih. D’où la présence de nombreux lawan (chefs de premier degré, ndlr) ainsi que leurs djaoro (Notables, ndlr) lors de la cérémonie de lancement de la Semaine d’action de santé et de nutrition infantile et maternelle (Sasnim) ce mercredi au quartier Nassarao à Garoua afin de sensibiliser leurs sujets sur l’importance de la vaccination. La Sasnim couplée à la première semaine mondiale de la vaccination servira à vacciner les enfants de 0 à 5 ans contre la rougeole et la poliomyélite. Cette opération qui va durer 5 jours, permettra également de déparasiter les enfants contre les vers intestinaux et d’administrer une dose de vitamine A aux enfants et aux femmes qui viennent d’accoucher. « Nous voulons atteindre un taux de couverture d’au moins 95% dans la région afin de réduire la survenue de l’épidémie de la rougeole. C’est pour cela que nous lançons un message en direction des populations afin qu’elles fassent vacciner leurs enfants« , indique le délégué régional de la Santé publique du Nord à Garoua. Un message lancé en raison de l’épidémie qui sévit durement en ce moment dans la région. Des signaux favorables sont déjà perceptibles, notamment au quartier Poumpoumré ce mercredi matin, où l’équipe chargée d’administrer les doses de vaccin aux enfants dans le quartier a déjà dépassé le chiffre de 150 enfants vaccinés avant midi. Plusieurs partenaires internationaux accompagnent le ministère de la Santé dans cette campagne à l’instar de Ellen Keller, l’Unicef, l’Oms, le Lions club et la Croix rouge.


