Des nombreux enseignants affectés dans les établissements répondent toujours absents à l’appel. Ils accusent le gouvernement de ne rien faire pour assurer leur prise en charge.
Le phénomène pèse lourd sur l’éducation dans la région de l’Extrême-nord ; une région pourtant réputée la plus sous-scolarisée du pays. C’est que les enseignants affectés dans cette partie du pays, ne répondent presque jamais à l’appel au moment opportun. Ils disent être préoccupés par leur dossier tant au niveau de la fonction publique qu’au niveau du ministère des Finances. Ils sont pour la plupart des autres régions du pays en dehors des régions septentrionales. Si certains font un passage éclair dans leur poste d’affection en début d’année juste pour la signature d’attestation de prise de service avant de déserter, d’autres essaient quand même d’enseigner pendant le premier trimestre avant de prolonger leur congé de Noël.
Au moment où les carillons de la rentrée comptant pour le 2e trimestre sonnent, on note toujours avec désarroi que le phénomène ne fait que perdurer. Que les habitudes ont la peau dure ! Nombreux sont les enseignants du primaire et du secondaire, affectés en début d’année et qui n’ont toujours pas pour la plupart rejoint leur poste d’affectation. Et cela ne va pas sans conséquence sur le rendement en fin d’année qui se résulte par le faible taux de réussite aux différents examens officiels. Le phénomène est d’autant plus légendaire dans cette partie du pays qu’on ne sais plus à quel saint se vouer. Au niveau des Enseignements secondaires, le personnel en cour d’intégration dans la fonction publique communément appelés Eci, refusent de rejoindre leur poste d’affectation. Ils accusent le gouvernement de ne rien faire pour assurer leur prise en charge. « C’est vraiment difficile pour nous qui sommes en cours d’intégration. On a besoin des moyens pour se prendre en charge. Quand tu arrives dans ton poste d’affectation, il faut suffisamment des moyens pour s’installer. Tenez ! On doit louer une maison, assurer la nutrition et les petits besoins sans compter les déplacements pour se rendre à l’école. Et souvent on a même des difficultés pour entrer en possession de nos frais de relève. Voilà un peu la grosse difficulté qui fait que les gens refusent de rejoindre leur poste d’affectation », souligne cet enseignant du secondaire qui reconnait avoir rejoint son poste deux ans plus tard. « C’est la misère et la précarité qui font fuir ces enseignants de leur poste d’affectation. Il faut régler la question de la prise en charge surtout des enseignants en cours d’intégration dans la fonction publique », renchérit un autre.
L’éducation de base paie le plus lourd tribut. Et pour cause, la situation est encore plus déplorable à telle enseigne qu’on est souvent tenté de parler de pénurie en enseignant. Ici, on enregistre le plus grand nombre des enseignants absents de leur poste. Les communiqués invitant les enseignants à rejoindre leur poste d’affectation inondent les antennes de la Crtv, station régionale. De Dziguilao dans le Mayo-Kani, Mogodé dans le Mayo-Tsanaga, Makary dans le Logone-et-Chari, Guéré dans le Mayo-Danay, Kerawa dans le Mayo-Sava, Dargala dans le Diamaré, pour ne que citer que ces cas, les inspections d’arrondissement ne cessent de ventiler des communiqués pour rappeler à l’ordre, les maîtres contractuels absents de leur poste d’affectation.
Le phénomène semble être plus grave dans les écoles logées dans les villages. Une source crédible indique d’ailleurs pour enfoncer le clou que « la situation est d’autant plus grave dans les villages. Pendant ce temps, le gouvernement s’évertue à créer des établissements comme des champignons sans régler la question de la prise en charge des enseignants qu’ils envoient ».
La complicité des chefs d’établissement
A en croire une certaine opinion, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : « Les enseignants affectés et qui ne rejoignent pas leur poste d’affectation sont de connivence avec les chefs d’établissement ». On parle d’une complicité gagnant-gagnant avec ces chefs d’établissement qui reçoivent en retour des pots-de-vin en contrepartie de ce « service » rendu. Et les conséquences sont plurielles à savoir : les faibles taux réussite, un taux élevé de déperdition scolaire, l’augmentation du taux de sous-scolarisation et bien d’autres.


