Mayo-Danay : Deux hommes malmenés par le Bir

Arrêté à Gobo et torturés , ils ont du mal  à se remettre de leur séjour passé avec des forces du maintien de l’ordre.

Par Tongba Houlna

C’est un lundi jour du marché de Gobo que le jeune homme de 25 ans, habitant de Karam II au quartier Baïga a été arrêté. Il s’y était rendu pour rencontrer son cousin, vendeur de des bœufs. Pendant qu’il discute avec ce dernier, Livassou Galapna voit débarquer 2 éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) installés à Gobo accompagnés d’un arabe de 70 ans environ venu du Tchad voisin. Il est rapidement maîtrisé et mené manu militari à la brigade de gendarmerie de la même ville. « J’ai fait 10 jours à Gobo à la brigade avant d’être transféré à Yagoua où le procureur m’a relâché parce que je ne disais que la vérité, je ne suis pas un coupeur de route. Tout le monde me connaît dans mon village de Karam II surtout dans mon quartier de Baïga« , raconte Livassou Galapna. De retour dans sa localité, les éléments du Bir reviennent à la charge. Tonga Sawarsou, son chef de quartier intervient pour témoigner que Livassou Galapna est l’un de ses administrés et qu’il est un paisible habitant de Baïga, sans antécédents fâcheux ; mais les « anti gangs » comme on les appelle, en profitent pour faire, 2 victimes immédiatement transférés à leur base de Salak aux environs de Maroua. Le jeune homme poursuit en disant: « Une fois revenu à la maison, les Bir sont encore venus me prendre pour me ramener à Gobo et mon Djaoro (ndlr. chef de quartier) le nommé Tonga Sawarsou m’a suivi pour leur expliquer que je n’ai jamais volé ; ils l’ont aussi pris pour complice et nous ont amenés directement à Salak où nous avons mis 37 jours entrain d’être torturés (les deux montrent ensemble de longues cicatrices séquelles, des traces de tortures évidentes au dos). Puis ils nous ont amenés dans un autre camp militaire à Maroua où nous avons encore fait un mois environ avant de nous retrouver ici à la compagnie de gendarmerie de Yagoua où nous sommes sans jugement depuis encore environ un mois. On nous dit qu’on va nous relâcher mais ça tarde à venir. Dieu a voulu que nous retrouvions notre département c’est déjà au moins bien« .  Aux dernières nouvelles, les 2 hommes sont revenus à Yagoua à la compagnie de gendarmerie et séjournent dans les cellules de la brigade territoriale. Encore un autre mois dans les geôles de la gendarmerie sans que personne ne s’en émeuve outre mesure.

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas diffusé. Champs requis*

Connect with Facebook

*
*


*