Maroua : Les taxis reprennent du service après 20 ans d’hibernation

Depuis lundi 4 juin 2012,  des véhicules taxis tournent en plein régime à la grande satisfaction de la population qui a  renoué désormais avec ce moyen de transport inter-urbain plus sûr.

Par Célestin Tabouli Succès

Sabine, étudiante à l’Ecole normale supérieure de Maroua n’en revient pas. Elle vient de sortir d’un véhicule taxi qui l’a déposée juste à l’entrée du rectorat. Pour elle c’est comme un rêve qui vient de se réaliser. Le rêve nourri depuis fort longtemps de pouvoir stopper jour un véhicule taxi à Maroua pour ses courses ou encore pour quitter d’un quartier à un autre. Avec les motos, elle en avait déjà ras-le-bol de pratiquer au quotidien un sport non désiré. Elle avoue sans exagération aucune, avoir été agressée à maintes reprises sur les motos-taxis. Comme Sabine, nombreux sont ceux qui ont apprécié à leur juste valeur les efforts des pouvoirs publics pour le retour des véhicules jaunes dans la cité capitale de Maroua après 20 bonnes années d’hibernation. Les taxis ont effectivement repris du service depuis ce lundi 04 juin 2012.

Au commencement, était une réunion tenue par le gouverneur de l’Extrême-Nord avec les magistrats municipaux et les opérateurs économiques au cours de laquelle le gouverneur a plaidé pour le retour des taxis dans la ville de Maroua. C’est au cours de ces assises que l’idée est née. Trois semaines seulement après cette rencontre, l’idée a pris corps et est devenue une réalité surprenant à coup sûr les disciples de Thomas qui voulaient d’abord voir avant de croire. Les véhicules taxis tournent en plein régime dans la capitale de la plus belle des régions. Le coup d’accélérateur a été donné ce jour par le n°1 de la région Augustine Awa Fonka. Au cours d’une cérémonie brève mais riche, l’autorité administrative a apprécié ce geste du jeune opérateur économique Tidjani qui a fait de cette affaire un problème personnel. Dix véhicules, tous ou presque flambant neufs, peints en jaunes et identifiés du n°0001 à 0010 étaient exposés à l’esplanade du service du gouverneur. Et les chauffeurs n’attendaient que la bénédiction du gouverneur pour lancer leur activité. Cette bénédiction ils l’ont reçu et même les véhicules ont été arrosés.

Dans son exhortation avant la bénédiction, le gouverneur a tenu à souligner que la ville de Maroua est en extension avec l’avènement de l’université et que les quelques 10 mille motos-taxis ne peuvent pas apporter un satisfecit à une population estimée à 300 mille âmes. « C’est ne pas pour combattre les motos–taxis. C’est la complémentarité et non la compétitivité. Parce que dans la ville de Maroua compte une population estimée à plus de 300 mille habitants pour 10 mille motos taxis. Donc les véhicules taxis viennent aujourd’hui pour combler ce vide. Il y a des malades, des handicapés, des femmes enceintes, des personnes vulnérables qui ne peuvent pas supporter les motos. Donc le retour des véhicules taxis est d’une nécessité incontournable », a tenu à préciseré le gouverneur. Avant d’ajouter qu’au-delà de toutes ces raisons, la région de l’Extrême-Nord est une région touristique. Donc les véhicules ont un rôle capital, l’accompagnement des touristes en destination des sites touristiques, qui se butent le plus souvent au problème de logistique approprié.

Pour le délégué du gouvernement, Bakary Yaouré, il se dit prêt à financer la moitié des dossiers des 20 premiers opérateurs qui vont mettre leur véhicule en taxi.

Souhaitant voir les véhicules taxis pulluler dans la ville de Maroua, le gouverneur a invité les responsables des forces de l’ordre à éviter toutes tracasseries qui pourraient  mettre l’activité au poids mort.

 


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